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La Direction veut licencier des précaires et dépense 180.000 € pour la vidéo-surveillance

jeudi 22 septembre 2011

Compte rendu SUD du Comité d’entreprise du 22 septembre 2011
 
Lors du CE de ce jeudi, SUD est intervenu pour dénoncer les derniers rebondissements du dossier précarité. La Direction a en effet informé oralement plusieurs pigistes de banlieue que l’AFP allait les licencier à la fin de l’année.
 
Rappel des faits : fin 2010/début 2011, l’Inspection du travail adresse plusieurs lettres à l’AFP demandant de mettre fin à la situation illégale de l’emploi de pigistes en banlieue parisienne. Ces pigistes assurent régulièrement - et pour la plupart depuis de longues années - soit le travail de correspondants « pigistes titulaires » en banlieue, soit les remplacements (week-end, vacances…) des CDI et « pigistes titulaires ». Ils effectuent aussi des remplacements aux Informations générales, au siège parisien.
 
Menacée de sanctions, la Direction ouvre de longues négociations sur la précarité, qui se soldent par la titularisation de quatre pigistes de banlieue rétroactivement au 1er janvier 2011 et un accord sur la création d’un Pôle Ile-de-France. Ce pôle sera composé de 12 CDI au total, alors que le nombre de personnes actuellement impliquées dans la couverture banlieue s’élève à 16 journalistes (CDI et pigistes), employés à temps complet ou partiel.
 
SUD avait mis en garde contre cet accord en soulignant qu’il ne réglait pas la situation de tous les précaires concernés, dont une partie risquait de se retrouver à Pôle emploi. Nous aurions préféré nous tromper. En licenciant les laissés-pour-compte de cet accord, la Direction donnerait un coup fatal à la crédibilité du dialogue social. La CGT s’est associée à notre déclaration.
 
Souriez, vous êtes filmé !
 
Le CE a donné un avis favorable à la déclaration d’un système de vidéo-surveillance au siège et rue Vivienne. Réponse de la Direction à notre question sur le coût global : 180.000 €.
 
Seul l’élu SUD a voté contre ce système de vidéo-surveillance (élégamment rebaptisé « vidéo-protection »).
 
SUD a souligné la nécessité d’assurer la protection des personnes et des biens de l’Agence par la présence humaine. Selon nous, des caméras ne protègent pas ; elles peuvent simplement aider les vigiles à remplir leurs tâches. Sur nos questions, il a été affirmé que le nombre de vigiles resterait inchangé.
 
Le système vidéo ancien, comprenant 57 caméras, était en panne depuis longtemps. Pour le nouveau dispositif, la Direction a vu grand : 69 caméras dans la première phase, 149 caméras au final. Ce grand nombre est soi-disant nécessaire pour nous « protéger » efficacement…
 
En fait, les premiers éléments du système sont déjà installés, il ne manquait plus que le feu vert du CE pour les mettre en route. La politique des faits accomplis continue !
 
Statut et plainte DAPD : rien de bien nouveau

Si Emmanuel Hoog n’évoque plus la proposition de loi Legendre, il n’a abandonné ni son désir de modifier l’esprit de notre statut, ni son soutien à des mesures susceptibles de le détruire « par voie réglementaire ».

Le PDG nous a toutefois expliqué que lors des derniers échanges entre le gouvernement et la Commission européenne à propos de la plainte de l’agence allemande DAPD, l’État avait maintenu une position conforme à l’article 13 de nos statuts, qui précise que la contribution de l’État au budget de l’AFP correspond bel et bien à une fourniture de services et non pas à une subvention.
 
Il a également assuré que le gouvernement allait respecter ses engagements vis-à-vis de l’AFP : les versements de l’État, dans le cadre du Budget 2012, devraient selon lui être conformes au Contrat d’objectifs et de moyens 2009-2013.
 
Le PDG nous a également dit que l’Etat avait répondu à la Direction générale de la Concurrence à Bruxelles, suite à sa lettre du 22 août, qui fixait justement un délai d’un mois pour une réponse de la France. Pressé par plusieurs délégués de nous fournir le texte de cette réponse française, M. Hoog s’est engagé à nous le fournir quand il l’aura reçu.

Nous avons rappelé au PDG le résultat de la motion de défiance, adoptée par 88% des votants, et une majorité absolue de tous les salariés statut-siège.

En guise de « concertation », le PDG a invité l’ensemble des syndicats à des rencontres séparées dans son bureau entre le 28 septembre et le 6 octobre. Comme un autre syndicat, nous avons émis des réserves contre ce genre de réunions bilatérales, soulignant qu’une concertation transparente devait se faire dans le cadre de séances plénières avec l’ensemble des syndicats.
 
Situation des femmes à l’AFP
 
La Direction a présenté le rapport sur la situation comparée des femmes et des hommes en 2010. SUD l’a complété, en le comparant au même rapport de l’année 2001. Il en ressort que les femmes représentaient 34,33% du personnel statut siège en 2001 et 38,32% en 2010. L’évolution est notamment positive parmi les journalistes : 35,07% de femmes en 2001, 39,98% en 2010. Cette tendance devrait se poursuivre, car l’AFP embauche davantage de femmes journalistes que d’hommes.
 
Des déséquilibres, parfois très importants, sont à constater dans les autres catégories de personnel. Chez les cadres administratifs, on passe d’une situation de quasi-parité en 2001 (51,35% de femmes) à une féminisation accrue (60,31% en 2010). Parmi les employé-e-s de Presse, la part des femmes passe de 68,36% à 72,79%.
 
En revanche, les professions techniques sont réservées aux hommes. Chez les cadres techniques, la part des femmes est passée de 6,9% à 4,13%, chez les ouvriers de transmission, elle a été de 3,45% en 2001 et de 2,92% en 2010.
 
SUD a critiqué cette situation, soulignant que la Direction aurait dû faire des efforts de féminisation lors des embauches réalisées dans le cadre du Plan DSI, comme nous l’avions d’ailleurs réclamé il y a quelques années. La réponse (« On ne trouve pas de femmes pour les métiers techniques ») ne nous convainc pas.
 
La Direction s’est félicitée du fait que l’écart des salaires femmes-hommes se resserrait chez les journalistes. Nous avons fait le rapprochement avec une autre information du rapport : une journaliste sur deux a moins de dix ans d’ancienneté, c’est-à-dire qu’elle bénéficie encore des promotions automatiques prévues dans le plan de carrière. Ce qui conforte notre position, selon laquelle l’amélioration des plans de carrière est le meilleur moyen de combattre les discriminations.
 
Enfin, nous avons parlé des contraintes qui concernent l’ensemble des salariés, femmes et hommes, touchés par la précarité et/ou les exigences de mobilité imposées par l’entreprise. Selon SUD, ces contraintes ne sont pas suffisamment compensées et accompagnées socialement. Dans ce contexte, nous avons évoqué les CDD enceintes, dont la situation aurait été moins difficile si la Direction avait réglé leur problème de précarité et se montrait moins inflexible sur la mobilité.
 
D’autres points à l’ordre du jour concernaient le système rédactionnel Iris et le rapport annuel du Médecin du travail.
 
Pour les élus journalistes, il s’agissait de la dernière réunion du CE de la mandature 2009-2011.
 
Si vous pensez que SUD doit pouvoir continuer à intervenir en CE et vous en informer, il vous reste jusqu’à demain, vendredi, 14h00 (heure de Paris) pour voter SUD (...).
 
Paris, le 22 septembre 2011
SUD-AFP (SUD Culture & Médias Solidaires)